Les interventions communautaires, de bons vecteurs pour la promotion de la santé mentale chez les personnes âgées?

Annahita Ehsan s’est intéressée à l’impact des interventions communautaires des Quartiers Solidaires en matière de capital social sur la promotion de la santé mentale des personnes âgées dans le canton de Vaud, en Suisse.
Les interventions communautaires, de bons vecteurs pour la promotion de la santé mentale chez les personnes âgées?

Les interventions communautaires en matière de capital social semblent être un outil intéressant pour la promotion de la santé mentale. C’est ce qu’Annahita Ehsan, jeune chercheuse du Centre LIVES, a notamment voulu investiguer dans le cadre de sa thèse de doctorat, défendue le 29 juin 2020. En se basant sur le projet de recherche-action locale les Quartiers Solidaires, la jeune chercheuse examine comment ces interventions peuvent faire la promotion de la santé mentale.

Dans sa thèse de doctorat intitulée « Community-based social capital interventions and mental health promotion for older adults », Annahita Ehsan s’est intéressée à l’impact des interventions communautaires des Quartiers Solidaires en matière de capital social sur la promotion de la santé mentale des personnes âgées dans le canton de Vaud, en Suisse. Cette recherche, conduite sur quatre études, montre à quel point les compétences collaboratives des individus, le contexte géographique et les facteurs sociodémographiques sont décisifs lorsque l’on conçoit une intervention communautaire de ce type.

En effet, la Dre Ehsan a observé que le sentiment d’appartenance à un quartier spécifique de la ville avait une influence sur la perception des démarches de Quartiers Solidaires. Cette intervention a permis notamment de construire des ponts entre les habitant·es du Nord et du Sud de cette commune, ce qui a influencé en retour le sentiment d’appartenance des habitant·es. Enfin, il est probable que les personnes qui ont moins de capital social, et sont donc moins enclin·es à tisser des liens, n’aient pas bénéficié de cette mesure alors même que ce sont elles qui en profiteraient le plus. La Dre Ehsan recommande également de continuer les recherches liées aux interventions favorisant le capital social, terrain encore peu exploité.

La Dre Ehsan constate par ailleurs qu’un réel échange de connaissances entre la recherche et les professionnel·les de terrain peuvent amener de rapides résultats concrets. Dans le cas de la commune où les études ont été menées, la collaboration avec les chercheur·es ont notamment permis à Quartiers Solidaires d’ajouter un groupe de discussion anglophone, intégrant ainsi une large partie de la population de la commune, qui se sentait exclue de ces interventions.

Les membres du jury ont félicité la Dre Ehsan pour son travail, qui intègre trois approches empiriques différentes et ce à trois échelles distinctes :

  • Une revue méta-systématique
  • Une étude transversale portant sur plusieurs Quartiers Solidaires
  • Une étude de cas longitudinale à méthodes mixtes

Un article reprenant cette thèse sera d’ailleurs prochainement publié dans la revue « Health and Place » de Elsevier.

LIVES propose un Programme doctoral qui s’adresse en premier lieu aux doctorant·e·s des sciences sociales et de psychologie intégrant une problématique parcours de vie dans leur travail. Ce programme vise à favoriser des cursus qui aboutissent à des doctorats de qualité dans des délais raisonnables ainsi que l'insertion professionnelle, notamment dans des carrières académiques.