Écarts salariaux entre sexes persistants en Suisse

Dans sa thèse, le Dr Patrick McDonald a observé que pour les hommes, mariage rime avec prime de salaire, alors que pour les femmes, avoir des enfants est associé à une pénalité en matière de salaire, surtout chez les jeunes mères.
© Fokusiert

Le 6 juillet 2020, Patrick McDonald a obtenu le titre de Docteur en Sciences sociales suite à la défense de sa thèse intitulée : « Family and employment : The impact of mariage and children on labour market outcomes ». Ce travail montre l’impact du mariage et des enfants sur les salaires : pour les hommes, le mariage est synonyme de prime alors que pour les femmes avoir des enfants est lié à une pénalité salariale.

Avec cette thèse, l’auteur présente des résultats pertinents : pour les hommes, mariage rime avec prime de salaire, en grande partie car le mariage sélectionne les hommes les plus productifs. Pour les femmes, avoir des enfants est associé à une pénalité en matière de salaire, ceci influencé par la discrimination de l’employeur·se, surtout chez les jeunes mères. Cette discrimination envers les femmes provient de tous types de recruteurs·ses, peu importe leur sexe ou leur situation familiale, seule exception, les recruteuses sans enfants ont tendance à pénaliser plus lourdement.

La thèse s’est également concentrée sur les attentes salariales, Patrick McDonald montre que les écarts entre sexes sont notamment dû aux différents types de situations professionnelles et familiales. L’auteur prouve ainsi que les écarts en matière de salaires entre les sexes sont persistants sur le marché du travail suisse. Ils varient d’une profession à l’autre mais sont toujours bien présents.

Pour ce faire, le doctorant a utilisé des données d’une enquête LIVES (l’enquête factorielle LIVES-JOBVUL) comme source d’analyse empirique. Cette enquête a sondé les employeurs·ses et les recruteurs·ses suisses sur de nombreux objets. C’est donc grâce à cette approche expérimentale que Patrick McDonald a pu analyser l’impact de la discrimination des employeurs·se sur les salaires. Chose d’autant plus intéressante puisque ceci est souvent théorisé mais rarement étudié empiriquement.

LIVES propose un Programme doctoral qui s’adresse en premier lieu aux doctorant·e·s des sciences sociales et de psychologie intégrant une problématique parcours de vie dans leur travail. Ce programme vise à favoriser des cursus qui aboutissent à des doctorats de qualité dans des délais raisonnables ainsi que l'insertion professionnelle, notamment dans des carrières académiques.